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, 2011.

Le rôle de Diane de Poitiers dans lhistoire de la France

Auteur Nataliya Lugovaya, 2011

 

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PLAN

Préface.

Introduction.

1. Épouse de Louis de Brézé, dame de la Renaissance.

1.1. Lenfance de Diane de Poitiers.

1.2. Le mariage de Diane de Poitiers.

1.3. Diane devient la dame dhonneur.

1.4. Le veuvage de Diane.

2. Favorite et maitresse dHenri.

2.1. La favorite des deux rois.

2.2. Lactivité politique de Diane de Poitiers, les relations avec Charles Quint.

2.3. La mort de François 1er, le nouveau titre de Mme de Valentinois.

2.4. Le début du règne dHenri II.

2.5. Le château dAnet, la rivalité avec quAnne de Montmorency.

3. Fin de vie.

3.1. La mort dHenri II.

3.2. Lexil dans le château dAnet.

3.3. Le dernier retour à Anet longuement attendu.

Conclusion.

Bibliographie.

 

PRÉFACE

 

Cet exposé est consacré à Diane de Poitiers. Le but principal est danalyser sa vie et de montrer son rôle dans lhistoire de la France.

Le sujet se présente actuel, parce que ce thème permet de mettre en evidence le rôle que les femmes jouaient dans la vie, dans le développement du pays et de montrer comment les faits des femmes-favorites influencaient la politique internationale et intérieure de létat.

Pour atteindre le but de lexposé présent, nous nous proposons comme objectifs les tâches suivantes:

-         étudier la littérature française et russe consacrée à la vie de Diane de Poitiers et à lépoque où Diane vivait;

-         révéler les périodes importantes de la vie de Diane de Poitiers;

-         montrer la personnalité de Diane de Poitiers;

-         analiser les actions de Diane de Poitiers qui ont joué le rôle le plus important dans lhistoire de la France.

Le but de notre exposé et ses objectifs ont déterminé la choix des méthodes d'investigation: les méthodes générales de connaissance théorique et empirique

-         la méthode d'investigation des publications monographiques, des articles de presse, des matériels didactiques; 

-         la méthode de généralisation,

-         les méthodes danalyse et de synthèse du matériel,

-         la méthode comparative.

La structure de lexposé est déterminée conformément aux objectifs posés et comprend Introduction, 3 Chapitres et Bibliographie.

  

INTRODUCTION

 

Diane de Poitiers !... Quel éclat, quelle gloire attachés à ce nom célèbre! quel souvenir imposant il rappelle! de quelle admiration l'âme n'est-elle pas frappée en voyant cette femme étonnante captiver, à près de quarante ans, l'amour d'un jeune prince, l'orgueil de son siècle! Qui pourrait croire que Henri II, couvert de lauriers, vainqueur de l'Europe, adoré de mille jolies femmes, viendrait déposer aux pieds de Diane les trophées de ses victoires! Mais ses vertus, l'étendue de son génie, la rendaient digne d'être assise sur le trône. Aussi tous ses conseils ne tendaient qu'à assurer la gloire de son bîen-aimé, à en perpétuer la mémoire, et à le placer dans l'immortalité, près de son illustre père.

En lisant ce travail, son sort paraîtra plus digne de pitié que de tout autre sentiment: on y verra que cette femme était douée d'une douceur sans égale, et d'une fermeté de caractère qui ne s'est jamais démentie, même dans le temps où l'excès de ce courage stoïque pouvait hâter la fia de ses jours.

Les plus beaux succès de Henri furent dus aux conseils de cet esprit profond; et certes, s'il se fut borné aux talens que Diane déploya avec tant d'art en mainte occasion, son règne eût été plus heureux: il eût étouffé dès leur naissance ces germes de guerre civile, de massacres, qui eurent lieu sous le second règne qui suivit le sien. Sous un dehors timide et réservé, Diane portait une âme capable de concevoir les plans les plus difficiles à exécuter. Lorsque son attention n'était pas reposée sur le soin des affaires, elle s'occupait des beaux arts, elle les protégeait, elles cutivait avec une  supériorité bien rare dans un temps où ils ne faisaient qu'éclore. Marchant pour ainsi dire sur les traces de François Ier, elle sut polir les sciences, et leur imprimer la délicatesse de son sexe. Telles furent la poésie, la musique et la peinture. La sculpture, l'architecture, lui durent aussi quelqu'amélioration, et c'est en aidant les artistes qu'elle en créa. C'est donc de cet assemblage de vertus, de dévotion, de génie et d'amour, que nous avons essayé de former son tableau, et de le rendre ressemblant à l'original.

 

1. ÉPOUSE DE LOUIS DE BRÉZÉ, DAME DE LA RENAISSANCE

1.1. Lenfance de Diane de Poitiers

Diane est née le dernier jour de lan 1499, dans le château de famille, au confluent de la Galure et du Rhône, dans le Dauphiné, à la lisière de la Provence, elle reçut le prénom de Diane en lhonneur de la déesse de la chasse et de la lune qui brillait la nuit de sa naissance. Ses ancêtres étaient alliés à la plus haute noblesse du royaume. Ancienne famille du Dauphiné, son grand père obtint la ville et le château de Saint Vallier, la famille était alliée aux Bourbons par sa mère. Les rois de France et de Bourgogne avaient donné le titre de Comte de Valentinois au chef de famille, et lemblème des Poitiers est une torche enflammée tournée vers le bas, avec comme devise latine: celui qui menflamme a le pouvoir de méteindre.

A la naissance de Diane, le peuple vint sextasier sur le nouveau-né. Le sud de la France était renommé pour ses diseuses de bonne aventure: une  vieille femme vint lui prédire que létoile de lenfant lélèverait plus haut encore quune reine. 

Diane, enfant préférée de son père, partait avec lui à la chasse, avait son propre faucon à lâge de 6 ans, cavalière émérite, toute sa vie elle partira pour de longues balades à cheval. A la mort de sa mère, elle partit rejoindre la cour dAnne de Beaujeu et Louis XII, et  apprit ainsi le latin, le grec, le théâtre, la danse, put consulter les chef-dœuvre classiques, apprendre la philosophie et la logique de Platon. Ce quelle apprit surtout: le mépris des intrigues, la dignité du rang à tenir, la noblesse du goût, lart de la conversation, bref tout ce qui faisait une vraie Dame de la Renaissance. Elle devint demoiselle dhonneur de la reine Anne, qui remarqua tôt les dispositions et le fort potentiel de Diane, bien supérieur aux autres filles.
Anne de Beaujeu organisa le mariage de sa fille Suzanne avec Charles de Bourbon Montpensier: cest à cette occasion que les jeunes filles se mouchèrent pour la première fois dans un carré de tissu fin et non plus dans leurs doigts Diane de Poitiers avait été demoiselle dhonneur de la future reine Claude, épouse de François 1er. Claude et Diane avait 15 ans lors de cette union.

 

1.2. Le mariage de Diane de Poitiers

En 1515, eut lieu le couronnement du roi François 1er. Diane assistait au sacre, se retira avec la cour à Blois. Anne de Beaujeu décida de la marier avec Louis de Brézé, un Bourbon apparenté à sa famille, Comte de Maulevrier, Grand Sénéchal de Normandie, petit fils de Charles VII, seigneur de Nogent-le-Roi, dAnet, Diane avait 15 ans, Louis 57 ans mais les portait allègrement. Louis de Brézé était un chasseur riche et puissant, jouissant de lestime de Louis XII et de François 1er. Par ce mariage, Diane atteindrait un rang royal juste inférieur à celui de princesse. Elle mènerait une vie riche en occupations et surtout la chasse. Diane avait le front haut, la peau blanche et pâle, les cheveux blonds, les yeux gris bleu, un nez droit, une petite bouche aux lèvres pleines : un port aristocratique, un fier maintien, une silhouette élancée.

Le mariage eu lieu le 29 mars 1515. Cest à Anet que les époux éliraient domicile, forteresse médiévale avec 4 tours, une demeure sinistre à demi en ruine.
En tant quépouse de Louis de Brézé, Diane avait une position très en vue à la Cour, dame dhonneur de la reine Claude, ce qui la plaçait au 3-ème rang du royaume. Elle était encore à son service lors de lentrée de la reine dans la ville de Paris.

Lors du couronnement de la reine, le roi fit traverser la France à une cavalcade de 10 000 personnes qui laccompagnait. Larrivée à Rouen fit tapage: Louis de Brézé remit les clés à François 1er. Diane reçut ainsi le roi et la reine au château de Rouen, puis à Brézé. François 1er encourageait ses courtisans à prendre des maîtresses, mais se comportait lui avec une délicatesse; jamais il ne conquit par la force quand la douceur et la persuasion lui suffirent. La Cour saperçut vite que la Grande Sénéchale de Normandie prenait très au sérieux les vœux contractés lors de son mariage.

Au printemps 1518, Diane mit au monde une fille nommée Françoise, la reine Claude mit au monde un dauphin du prénom de François. Diane la retrouva peu de temps après au château de Blois. En mars 1519, Diane et la reine venaient davoir 18 ans: le futur Henri II vient de naitre.

 

1.3. Diane devient la dame dhonneur

Lors du complot ourdi par Charles Quint et Charles de Bourbon connétable de France, la famille de Diane fut entachée: par son père qui sétait laissé prendre dans ce complot. François 1er ordonna larrestation du père de Diane en septembre 1523. Jean fut conduit dans la forteresse de Loches, condamné à mort, destitué de tous ses biens: terres et titres. Diane, dévorée danxiété, attendait lissue du procès, Louis de Brezé était écartelé entre sa loyauté pour le roi et son beau père.
Lexécution fut prévue pour le 17 février 1524, malade Jean fut trainé jusquen place de Grève, il fut gracié à la dernière minute pour un emprisonnement à vie: la rumeur allait bon train: Jean venait dêtre gracié parce que sa fille Diane sétait donnée au roi. Apprenant cela, le roi lui-même déclara que Saint Vallier ne devait sa grâce à sa fille daucune manière.

Le 24 juillet 1524, la reine Claude séteint alors que le roi est en campagne. A son retour, le roi confia la garde des enfants à Diane. Ce fut un grand honneur pour elle. François 1er fut fait prisonnier par Charles Quint, sa mère Louise de Savoie prit les rênes du royaume, elle nomma Louis de Brezé gouverneur de la Normandie.
Diane se trouvait à Rouen  lors de la capture du roi, elle revient à la cour pour soccuper des enfants, qui la connaissaient bien et lappréciaient.
En captivité, François 1er signa le traité de Madrid en janvier 1526: ses deux fils prendraient sa place à Madrid. Les jeunes princes se mirent en route pour les Pyrénées, accompagnés par la cour: la régente leur grand-mère Louise, les suivantes, Diane. François avait 8 ans, Henri 6 ans. Léchange eut lieu en mars 1526. Henri, dhabitude bouillant, avait les yeux noyés de larmes. Diane lapercevant ainsi, sortit de la foule et lui dit des mots réconfortants. François 1er de retour en France, remonte le pays. A son arrivée à Rouen, le Grand Sénéchal lui remet les clés de la ville. Diane, pour accueillir le roi, avait changé les habitudes: elle présenta au roi une nuée de demoiselles dhonneur vêtues de tuniques grecques. Satisfait, le roi décida de sarrêter à Anet. Lors de son séjour, Diane fut très présente auprès de lui, ainsi que lors de partie de chasse. Conquit par la droiture, lintelligence et la culture de Diane, le roi lui offrit une nouvelle place à la cour: dame dhonneur de sa mère Louise de Savoie.

Des tractations sont menées afin de faire libérer les fils du roi. Des assouplissements, des concessions et une rançon de 4 tonnes dor: le 1er juillet 1530 léchange a lieu. Le 6 juillet, le cortège atteignait Mont de Marsan, accueilli par le roi, la future reine, Diane, et le reste de la cour, François 1er  allait épouser Eléonore, sœur de Charles Quint.

Pendant tout le retour de la cour, Henri futur Henri II restait réservé, taciturne, sans joie. Il en voulait à son père de lui avoir gâché sa jeunesse: il se tourna vers les 2 seules personnes lui ayant témoigné de laffectation: Diane et Anne de Montmorency.
Au retour des princes, le roi décida de les envoyer à Anet aux côtés de Louis de Brezé et de Diane, ils y restèrent lété et lautomne 1530 avant de repartir pour lhiver avec toute la cour vers Saint Germain.

Lors des fêtes qui eurent lieu à loccasion de lentrée de la nouvelle reine dans Paris, le mariage du roi et le retour des princes, les princes participaient à leur premier tournoi: ils devaient choisir une dame pour laquelle ils livreraient bataille. Cest ainsi quHenri sarrêta devant Diane et la choisit à la surprise générale. Diane y vit une reconnaissance de la part du prince pour le réconfort quelle lui avait apporté avant sa captivité. Les princes gagnèrent le tournoi. Puis il y eut lélection de la belle parmi les belles : la reine Eléonore, la maîtresse du roi Anne de Pisseleu, Diane de Poitiers. Le résultat des votes : égalité entre Anne de Pisseleu et Diane de Poitiers. La maîtresse du roi fut particulièrement vexée et en voulut à vie à Diane, fit tout pour lanéantir.

1.4. Le veuvage de Diane

Louis de Brezé arrivait en fin de vie, il poussa Anne de Montmorency dans lentourage du roi, Montmorency fut élevé à la dignité de Grand Maître. Les princes étaient en devoir de se marier: le roi voulait une alliance avec les Médicis, Montmorency penchait pour le Portugal, Brezé voyait les Médicis: Diane saurait guider la petite Catherine dans le dédale de la cour Henri épouserait une Médicis. Le roi signa un document précisant les termes du contrat de mariage à Anet chez le Grand Sénéchal en présence de Diane en 1530.

Louis de Brezé séteint à 72 ans en juillet 1531. De cette date, après 17 ans de vie commune heureuse, Diane ne portait plus que du noir avec quelques touches de blanc.  A 31 ans, elle affichait une parfaite assurance, sa condition de veuve lui laissait une liberté exceptionnelle pour une personne de son sexe à lépoque. Elle vint assister aux cérémonies mortuaires de la Régente Louise de Savoie. Il lui fallait trouver sa place à la cour. Elle séclipsa dans son château dAnet, et mit à profit se retrait pour soccuper delle. Le secret de son charme : son hygiène de vie, elle se lavait à leau claire, prenait par tout temps un bain deau glacée, pas de cosmétiques, un bouillon, 3 heures de cheval le matin à vive allure, une petite collation à 11h, règlement de ses affaires des domaines, les audiences, diner à 18h et au lit. Pas de soleil, une peau toujours blanche, vêtue de soie, deux boucles de cheveux séchappaient dune résille en fils de soie noirs parsemés de perles, elle attachait à ses épaules des rangs de perles se croisant sur un corsage de velours noir pourvu dun profond décolleté, le bout des manches en fine mousseline, pierres précieuses à sa taille. Cest Diane qui dicta la mode de son temps.

 

2. FAVORITE ET MAITRESSE DHENRI

2.1. La favorite des deux rois

En tant que principale dame dhonneur de la reine Eléonore, elle partit dans le périple que François 1er entama pour présenter la nouvelle reine et le dauphin dans le royaume. Ce périple sarrêta en octobre 1533 à Marseille pour préparer le mariage de Catherine et dHenri. Le jour des noces, Diane avait été choisie par le roi François 1er pour servir de guide à Catherine à la nouvelle cour et lui expliquer les rituels, elles étaient parentes proches: leurs mères étaient cousines. Diane était vêtue de noir et blanc, portait des plumes de ces mêmes couleurs, Henri II également portait les mêmes plumes blanches et noires à son chapeau. Il en est de même pour son tempérament, riche en contrastes, pas de place aux demi-teintes. Bal masqué, banquet sans fin : la soirée fut pourtant dhumeur gaillarde. Henri II avait accompli son devoir dépoux, mais sans accorder à Catherine le moindre regard, il retourna aussitôt auprès de sa Dame  la superbe veuve vêtue de noir et de blanc , Diane dont le mari portait les couleurs. Henri II, de 18 ans son cadet, voua à Diane de Poitiers une véritable adoration, depuis lâge de 6 ans jusquà sa mort à 42 ans.

De retour à Fontainebleau, François 1er invita souvent Diane à ses parties de chasse et lui demanda de faire partie de sa  petite bande . Fontainebleau était en construction depuis 8 ans et pendant 13 ans encore, le roi aimait à guider Diane dans ce château, il admirait celle qui incarnait si bien lesprit de son temps.

Certains biographes ont admis que Diane fut la maîtresse de deux rois: François 1er et Henri II, mais ce nest que pure fantaisie. Diane dut faire face à lagressivité et la haine de la maitresse du roi: Anne de Pisseleu se rendait compte que le roi appréciait beaucoup Diane, elle encouragea un groupe de diffamateurs afin de diffuser des épigrammes calomnieuses, ainsi que des rumeurs dappartenance à la sorcellerie.  Il y avait ainsi 2 camps : celui de la maitresse du roi avec les profiteurs et celui de Diane avec les gens qui lappréciaient sincèrement. Diane sentit vraiment le danger, elle était devenue une proie. Cest à ce moment que le prince Henri se chargea de la défendre et devant la cour entière, il réitéra son serment de dévotion à Diane.

Diane et Henri défendait lEglise catholique. François 1er dut faire face à lAffaire des Placards, organisée par les Réformés contre les Catholiques, un placard fut même trouvé sur la porte de la chambre du Roi.

 

2.2. Lactivité politique de Diane de Poitiers, les relations avec Charles Quint

En 1535, la guerre se profilait à lhorizon, Diane et Anne de Montmorency était en faveur dun arrangement et de la paix avec Charles Quint. En 1536, toute la Provence fut détruite par Charles Quint qui attaquait en même temps le nord de la France, en août le dauphin mourrait. Henri devint dauphin, du partir aux armées et se lia damitié profonde pour Anne de Montmorency, Catherine était appelée à devenir reine de France.

Le 1er janvier 1537, eut lieu les noces de Jacques V roi dEcosse et de la fille de François 1er : Madeleine qui mourra 6 mois après son mariage.
Henri, lors de la guerre à la frontière italienne, rencontra Filippa Duci: ils furent amants et en 1538 un bébé nait. Il fit ramener sa fille en France, la baptisa Diane et confia léducation de lenfant à sa maîtresse, elle portera le nom de Diane dAngoulême, elle signa par la suite Diane légitimée de France, se mariera en seconde noce avec le fils dAnne de Montmorency. Diane de Poitiers fut sa marraine et léleva comme sa propre fille, le scandale fut évité.

Henri saffirmait, fit part à ses amis de ses opinions, de ses sentiments. De son côté Diane pouvait parfaitement tenir son rôle, intéressée par la politique, le pouvoir et largent. Elle savait user de son intelligence et son charme et nignorait pas les moyens de parvenir à ses fins. Leur amour naquit dune rencontre entre deux esprits. Ils devinrent amants en fin dannée 1536 ou début 1537, certainement au château dEcouen, résidence favorite dAnne de Montmorency. Ainsi commençait lune des liaisons royales les plus constantes et les plus inattendues de lhistoire de France. Henri se mit à rayonner de bonheur grâce à la présence constante de Diane à ses côtés. Diane découvrit avec Henri le plaisir que procure un amant adolescent, elle lui transmit toutes ses connaissances acquises au côté du parfait homme du monde quétait Louis de Brézé. Diane ne calcula pas sa fortune, elle ne chercha pas lamour dHenri, mais elle fit tout ce quil était en son pouvoir pour ne pas le laisser séteindre, elle le retint par la puissance de son esprit et par son intelligence. Par contre, elle devait vivre au sein dun ménage à trois: le roi, la reine et la maîtresse, comme il était de coutume.

Au printemps 1538, Henri, Diane et Catherine accompagnèrent la Cour à Nice afin de voir le pape intervenir auprès de Charles Quint. En 1539, Diane maria sa fille Françoise au prince de Sedan, Robert IV de la Marck qui deviendra Maréchal de France, lunion fut célébrée en grande pompe au Louvre. Diane accorda la main de sa deuxième fille à lun des membres de la famille de Guise, mais elle prit peur: cette même famille de Guise proposait une autre épouse au dauphin Henri (Catherine de Médicis narrivant toujours pas à procréer): une nouvelle épouse, belle et jeune lui aurait ravi sa place dans le cœur dHenri. Diane et Catherine devaient se serrer les coudes : lune implorerait le roi, lautre soccuperait du dauphin. Elle prit même Catherine à part, lui parla avec douceur, lui expliqua lart de faire lamour. Certains soirs, Diane envoyait Henri chez son épouse. Finalement, en janvier 1544, le miracle se produisit, grâce aux pilules des médecins ou aux conseils de Diane: Catherine donnait naissance à un petit garçon. Henri offrit à Diane une somme dargent pour la remercier de son assistance auprès de la dauphine Catherine. Diane avait su se rendre utile, une fois de plus.

 

2.3. La mort de François 1er, le nouveau titre de Mme de Valentinois

Les différentes guerres continuaient pendant lannée 1544, les intrigues également, les maîtresses du roi et de la dauphine se haïssaient tant que François 1er profita du départ dHenri en campagne pour bannir de la cour Diane de Poitiers.
A son retour de campagne, Henri la rejoindra au château dAnet.
En février 1545, François 1er se sentait faible, il rappela Diane qui reprit sa place à la cour, sa position au côté dHenri et prit en charge léducation de deux des petits enfants du roi.

Diane sentait linévitable révolution qui ferait suite au décès du roi. Voulant aider Henri, elle se tourna vers lambitieuse  famille des Guise. Ceux-ci comptaient sur le prochain règne pour accéder à la fortune et sélever encore plus à la cour. Cette année là ne fut que tensions entre toutes les parties.

Fin mars 1547 : François 1er vient de mourir, Henri II a 28 ans, Diane 47. La révolution dans le palais eut lieu: Anne de Montmorency fut rappelé et nommé à la tête du Conseil privé. Henri réclama les joyaux du trésor royal  et les offrit à Diane, elle recevait en plus la clé de la chambre forte ainsi que lautorisation dy puiser à volonté. Il sempara également de la maison que la maîtresse de François 1er Anne de Pisseleu détenait et en fit cadeau à Diane.  Diane prenait plaisir à recevoir tous ces honneurs, mais ne perdit jamais la tête, noublia pas ses principes :  modération en toute chose  ou  soyez toujours en port honorable, en manière froide et assurée, humble regard, basse parole, constante et ferme, toujours en un propos, sans fléchir .

Les rumeurs allaient bon train :  le connétable était nocher et patron du navire dont Mme de Valentinois tenait le timon . Mais Diane nendossa jamais le rôle de maîtresse du roi, elle se considérait comme son associée : une personne digne de sa confiance et de son estime. A la cour, Henri la considérait comme sa noble dame au sens le plus chevaleresque du terme. Aux yeux du monde, cétait un amour tout à fait platonique, mais entre eux cétait bien autre chose. Diane sintéressait de près au gouvernement, désirait comprendre le fonctionnement des finances du royaume, à la confiscation des biens. Pour la remercier et lui prouver son amour, Henri II lui offrit le plus beau château de la Loire: Chenonceau. Le but de Diane était dacquérir le maximum de terres et de biens. Chenonceau devint le plus beau château après les transformations que Diane y opéra. Diane poussa Henri à créer des lois somptuaires (limitation des dépenses) concernant les distractions, le faste de la cour, elle lincita à réduire le nombre de courtisans, ainsi quà instaurer de nouvelles mesures sociales (chaque quartier de Paris devait constituer un fonds social pour les pauvres, les hôpitaux devaient accueillir les malades et les infirmes).

Vint le sacre dHenri II en juillet 1547: Diane se tenait au milieu des demoiselles dhonneur de la reine Catherine, enceinte pour la 3è fois. Le costume du sacre fit stupeur auprès des dignitaires : les broderies rappelaient les attributs de Diane (carquois, arcs, flèches, croissants de lune, double D accroché au H), la lettre C de la reine napparaissait nulle part. Diane prit part aux cérémonies officielles au titre de Dame de Compagnie de Catherine de Médicis.

 

2.4. Le début du règne dHenri II

Au début du début du règne dHenri II, Diane fut accusée dêtre à lorigine de la persécution des hérétiques, mais en fait les Guise en étaient à lorigine.
A la naissance du 3è enfant de Catherine, Diane décida de la gouvernante, de lalimentation des enfants royaux, du château où ils passeraient leur enfance, de leur éducation. Seule la parole de Diane comptait, pas celle de la reine.
Le Culte de Diane était en marche : partout, Henri II fit dessiner les attributs de Diane. Lors des fêtes données en lhonneur du roi à Lyon en septembre 1548, tout fut de couleur noire et blanche : les uniformes des soldats, les rubans, les tuniques des amazones qui défilaient, les tapis des chevaux, etc. Cest au cours de ces cérémonies que Diane devint Duchesse de Valentinois. Elle parvenait ainsi à la plus haute dignité accessible aux personnes non nées princesses.

En cours de règne, Henri ne fit confiance quà une personne: Diane. Bon nombre de lettres officielles concernant les affaires détat furent écrites par elle et signées: HenriDiane, elle intégra son Conseil privé et conseilla Henri sur les choix des membres. Les ambassadeurs félicitaient leurs actions. Lentrée de la cour dans Paris en mai 1549, fut pire encore que lentrée dans Lyon : le spectacle donné fut aux couleurs de Diane : blanc et noir et partout il ny avait que leurs lettres nouées: H et D.

Vint le temps des problèmes religieux entre catholiques et protestants. Diane dut se battre contre les rumeurs qui une fois de laccusaient dêtre à lorigine des massacres, elle croyait fermement que la religion réformée était une hérésie devant Dieu, lempereur Charles Quint ne se gênait pas pour envenimer la situation.
Le temps passé à Anet fut riche pour Henri et Diane : des heures à cheval de bon matin, des parties de chasse trépidantes, de magnifiques banquets clôturaient les soirées. Diane fit construire un jeu de paume dans son domaine, Henri étant un fervent amateur de ce jeu. Henri fit faire des portraits de sa favorite : cest de cette époque là que la tradition des portraits au bain est  remise à lhonneur. Diane ne conserva sa beauté que grâce à son bon sens et quelques rares crèmes, tout était naturel.

 

2.5. Le château dAnet, la rivalité avec quAnne de Montmorency

Anet occupait une place importante dans la vie dHenri : cest là quil se remit de son emprisonnement en Espagne, cest là que les enfants du roi séjournaient volontiers, cest dans la magnifique bibliothèque (tous les livres étaient reliés de maroquin rouge orné du chiffre du roi et de sa dame, un des collections les plus prestigieuses de la Renaissance) quil aimait à passer de longs moments : Anet fut un paradis. Henri en fit le siège de son gouvernement, il y accordait des audiences et nombre de ses courriers partaient de là. Diane attribua à la reine des appartements propres avec son chiffre.

A son arrivée en France, Marie Stuart fut confiée à Diane. La petite Marie était destinée au dauphin François. Marie accorda son affection à Madame(Diane) plutôt quà la reine. Diane pouvait ainsi parfaire léducation de la future dauphine.
Laffaire Fleming fut une période difficile pour Diane : lady Fleming est la gouvernante de la petite Marie Stuart. Elle arriva en France et aura une aventure avec Henri II pendant que Diane fut alitée pour cause de chute de chevalIl sefforça bien de cacher sa liaison à Diane, mais de son côté Diane se tenait toujours au courant des rumeurs qui circulaient à la cour : aucun détail de cette liaison ne lui échappa, Henri II dut envoyer lady Fleming en Ecosse. Ce qui déplut très fort à Diane est quAnne de Montmorency était impliqué dans cette affaire : il voulait écarter Diane de sa position de maîtresse du roice furent les enfants du roi qui réconcilièrent le connétable Anne de Montmorency et la maîtresse du roi. De ce fait, la reine Catherine et Diane se serrèrent les coudes pendant une période. Diane soutint également la reine lorsquun de ses enfants vint à mourir. Mais comme disait lambassadeur italien Contarini :  Diane a la dignité dune reine, alors que Catherine est traitée en concubine, elle persuade même souvent le roi de coucher avec la reine .
Le ménage à trois était tout de même très précaire.

Les années qui suivirent (1552 à 1557) furent des années de guerre, avec lempereur dun côté et le Vatican de lautre avec lélection du nouveau pape, le roi était en campagne, lennemi pénétrait toujours plus profondément le pays, mais tout au long de lannée, il y eut des différents entre la reine et la maîtresse du roi  : voilà une petite anecdote relativement connue :  Diane se rendit un jour dans les appartements de Catherine, celle-ci lisait. Intéressée Diane lui demande ce quelle lisait :  je lis les histoires de ce royaume, et jy trouve que, de temps en temps à toute époque, les putains ont dirigé les affaires  des rois . Linsulte fera le tour du royaume. Diane se vengea en faisant constater par Montmorency que parmi les enfants du roi, seule Diane de France ressemblait au roice commentaire se répandit dans toutes les cours du pays.

Plus tard, elle soccupa dAnet et de Chenonceau en introduisant des plantes nouvelles dans les jardins, jusquà ce que le pape fasse appel à elle pour convaincre le roi que lhérésie gagnait, quil fallait conclure la paix avec lEspagne.
Une trêve avec lEspagne fut décrétée, mais les Guise appelaient au combat : Henri, Diane et Montmorency formaient un triumvirat contre les Guise. Tous les trois aspiraient à la paix.

 

3. FIN DE VIE

3.1. La mort dHenri II

Après la trêve avec lEspagne, plusieurs mariages eurent lieu entre 1558 et 1559, avec de grandes fêtes où le roi participerait à des joutes. Le troisième jour des joutes survint laccident du roi: le fragment avait pénétré lœil droit jusque dans le crâne pour ressortir par la tempe à la hauteur de loreille. Un autre éclat avait transpercé la gorge. Diane voulu enjamber les palissades, mais ny réussissait pas. Cest la première fois que Diane se sentit totalement impuissante, elle eut peur de voir son bien-aimé mourir, mais surtout la peur de subir la vengeance de la reine. Sans Henri, elle ne disposait plus daucune autorité. Elle voulut sapprocher dHenri, personne ne la laissait faire ordre de la reine. Elle regagna sa maison dans les environs. Diane de Poitiers avait privé Catherine de son mari au su et au vu de tout le monde. A larrivée du courrier envoyé par la reine, elle rendit les bijoux de la couronne accompagnés dun inventaire méticuleux. François II le dauphin ajoutait à sa demande le bannissement de Diane de la Cour ainsi que sa fille Françoise et son époux.

Lors des funérailles, nayant pas reçu dinvitations, elle regarda le cortège de lune de ses fenêtres. Leffigie du roi ne portait pas le blanc et noir, pas de croissants de lune, le chiffre HD napparaissait pas sur le harnais du cheval du roi. Diane ne fut pas arrêtée, grâce aux alliés de grandes familles quelle sétait fait. La reine ne pouvait pas se mettre à dos tout le monde, elle la bannit au château dAnet, mais soucieuse de ménager les alliés de Diane, la reine lui offrit Chaumont sur Loire en échange de Chenonceau. Lacte de cession fut signé en avril 1560.

 

3.2. Lexil dans le château dAnet

En arrivant dans sa nouvelle propriété, Diane fut indignée par toutes les traces de nécromancie et dalchimie, laissées par Catherine : des caractères grecs, égyptiens et hébreux ornaient un autel sur lequel trônait un crâne, des fioles de poudre et des bocaux de saumure contenant des membres danimaux, des ouvrages étranges, des parchemins et des restes danimaux. Tellement dégoutée, Diane fit tout brûler et donna lordre de fermer Chaumont quelle légua à sa fille Françoise de Bouillon. Elle regagna Anet où il lui restait ses souvenirs et rien dautre ne comptait. Les villageois manifestèrent leur dévouement à la duchesse, Montmorency et Antoine de Navarre passèrent quelques jours à Anet : Diane avait des rapports corrects et continus avec les gens de la place. A laube de ses soixante ans, elle était encore une belle femme, jouissant dune bonne condition physique, malgré un accident de cheval qui lui fractura la jambe, elle venait davoir soixante quatre ans.

Brantôme écrivait :  je vis cette dame, six mois avant quelle mourût, si belle encore, que je ne sache cœur de rocher qui ne sen fut ému, encore quauparavant elle sétait rompu une jambe sur le pavé dOrléans, allant et se tenant à cheval aussi dextrement comme elle avait fait jamais ; mais le cheval tomba et glissa sous elle ; et, pour telle rupture et maux et douleurs quelle endura, il eût semblé que sa belle face sen fût changée ; mais rien moins que cela, car sa beauté, sa grâce, sa majesté, sa belle apparence, étaient toutes pareilles quelle avait toujours eu .
Deux ans plus tard, après une brève et grave maladie, elle séteignit en avril 1566 dans son château dAnet. Elle avait réparti son immense fortune entre ses deux filles et assura des legs à un certain nombre de couvents. Elle avait demandé à une centaine de pauvres des villages alentours daccompagner le cortège, lors de ses funérailles, mais vêtus de blanc, en chantant  priez Dieu pour Diane de Poitiers .
Elle fut enterrée dans la chapelle funéraire quelle avait fait construire près du château. Les révolutionnaires français, en 1795, ouvrirent le tombeau et coupèrent ses cheveux pour en faire des mèches-souvenirs, puis plus tard un propriétaire vendit le château pierre par pierre.

 

3.3. Le dernier retour à Anet longuement attendu

Le 29 mai 2010: Après 215 ans d'attente, Diane de Poitiers a retrouvé son tombeau. 215 ans après la profanation de son cercueil par des révolutionnaires en 1795, la dépouille de la duchesse Diane de Poitiers, a regagné la chapelle sépulcrale du château dAnet (Eure-et-Loir).

Le petit cercueil de Diane de Poitiers et des deux enfants qui étaient originellement enterrés avec elle, a quitté le cimetière communal transporté sur une voiture attelée par deux chevaux. Le défilé, composé d'élus et de personnes vêtues de costumes traditionnels de l'époque, a traversé les rues de la ville, précédé de deux cavaliers de la garde républicaine et de la famille du propriétaire du château, Jean de Yturbe et ses invités, dont la Duchesse de Kent, sous les applaudissements des habitants. L'historien Franck Ferrand a dénoncé dans son éloge funèbre, "un crime qu'il nous appartient de réparer, commis par des révolutionnaires qui se définissaient comme patriotes".

 

CONCLUSION

 

Dans lexposé présent nous avons exmaniné la vie de lune des femmes célèbres non seulement de la France mais du monde entier. Nous pouvons constater avec assurance que, favorite du roi Henri II, Diane de Poitiers demeure l'une des grandes figures féminines de l'Histoire de France. D'abord gouvernante du roi, elle va vite devenir sa maîtresse quelques années plus tard. Une idylle improbable qui a résisté à la jalousie de la Reine Catherine de Médicis. Très vite, Diane apparaît comme une arriviste qui a tenté d'orienter la politique du royaume à son avantage. Diane se présente comme la reine aux événements formels, et de nombreux documents officiels sont écrits par elle.

Diane de Poitiers est une  légende  encore vivante de nos jours.
Cétait une femme indépendante, professant un authentique art de vivre, capable de préserver sa jeunesse de corps et desprit. Elle avait transformé Henri, elle avait fait de ce jeune homme gauche et maladroit un poète, un troubadour, un cavalier puis un monarque. Madame de La Fayette écrivait dans la Princesse de Clèves :  la magnificence et la galanterie nont jamais paru en France avec tant déclat que dans les dernières années du règne de Henri second .

Lanalyse de la vie de Diane de Poitiers nous fait voir que, Diane, grande personnalité du XVIè s., a joué un rôle apparent dans la Grande Histoire de la France. Nous pouvons dire que, malgré des accusations des historiens qui représentent  Diane comme une sangsue, comme une personne avide et âpre au gain, coupable des malheurs de la France de cet époque-là, Diane de Poitiers était une personne pleine de bonté et de dévotion. Elle était une femme qui aimait Sans elle, lHistoire naurait certainement pas été celle quon connaît aujourdhui dans les pages des manuels.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

1.     Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois. T. 1. Manuscrit trouvé dans les ruines du Château dAnet. Auteur inconnu. Paris. 1805.

2.     Diane de Poitiers retrouve son tombeau, Le figaro.fr Source AFP 29/05/2010.

3.     Ivan Cloulas, Diane de Poitiers. Fayard, 1997.

4.     Michel de Decker, Diane de Poitiers. Pygmalion, 2004.

5.     Philippe Erlanger, Diane de Poitiers. Gallimard, 1955.

6.     Princesse Michael de Kent, La Lune et le Serpent. Diane de Poitiers et Catherine de Médicis, deux rivales dans le coeur du roi. JC Lattès, 2005. 

7.     . ., 2005.

8.     . ., 1993.

9.     . . . - , 2004.

 

 

 

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